Invitation
« Au-delà des idées du bien et du mal, il y a un champ. Je te retrouverai là. Quand l’âme s’allonge dans cette herbe, le monde est trop plein pour qu’on en parle. »
L’invitation est d’entrer dans l’investigation directe : « Qui suis-je ? », telle que Ramana Maharshi la proposait — en tamoul : « யார் நான் (Yār nān) », littéralement « qui je ? ».
Peu importe les mots ou les traditions, dans l’observation directe de l’expérience, il y a une clarté dans laquelle la croyance en une individualité séparée s’efface d’elle-même. Et ce qui reste est la vie telle qu’elle est, simple et entière, pleinement présente.
Malgré une vie faite de réussites et d’accomplissements, beaucoup ressentent une souffrance persistante, un sentiment d’incomplétude, « une nostalgie d’un paradis perdu ».
Et ces questions apparaissent :
Comment se libérer de cette souffrance?
Qu’est-ce qui pousse à rechercher la paix, l’amour et le bonheur?
Qu’est-ce que la réalité, au fond?
Steven Jourdain disait : «JE SUIS, et en mon sein, une histoire est contée» : histoires, objets, expériences, émotions, et même ce que nous appelons «moi» ou «personne» y apparaissent.
De là surgit la question : « Qui suis-je ? »
Cette question est au cœur de nombreuses traditions philosophiques et spirituelles:
Dans le christianisme, Jésus disait : « Moi et mon Père, nous sommes un ».
Dans le soufisme, Ibn ‘Arabi enseignait : « Celui qui se connaît lui-même connaît son Seigneur ».
Dans le bouddhisme, la distinction entre samsara et nirvana est comprise dans une perspective non duelle.
Dans la tradition indienne de l’Advaita Vedanta, on parle de Sat-Chit-Ananda : existence, conscience, plénitude.
Cela ramène à interroger la réalité de ce que nous sommes, plutôt qu’à accumuler des croyances ou des concepts : une exploration directe, dans le simple du quotidien. À travers cette exploration, il devient possible de reconnaître que ce que nous sommes est la totalité, que la joie et la paix sont déjà notre nature véritable. Lorsque cela est reconnu, rien n’est retiré à la profondeur ni à l’intensité de la vie. Au contraire, cette clarté s’accompagne d’un grand « oui » à ce qui est, non pas le oui d’un point de vue ou d’une personne, mais un espace d’accueil inconditionnel et une immense détente s’installe, indépendantes des conditions extérieures.
La vie ne dépend pas de la volonté d’un individu, elle se déroule dans sa totalité, elle se vit elle-même. La profondeur et l’intensité de la vie demeurent intactes, avec un émerveillement simple et silencieux.
La recherche de la paix et la reconnaissance de ce qui est constituent le cœur même de cet accompagnement. Cela s’appuie sur l’expérience directe et sur une exploration nourrie par les traditions non-duelles, mystiques et contemplatives, ainsi que par l’art, la poésie, la méditation et le yoga.
Rûmi disait : « Au-delà des idées du bien et du mal, il y a un champ. Je te retrouverai là. Quand l’âme s’allonge dans cette herbe, le monde est trop plein pour qu’on en parle. »
Le chemin n’emmène pas vers une perfection ni vers le mieux-être d’un personnage, mais vers la dissolution des croyances d’un personnage séparé et limité, laissant apparaître la beauté de ce qui est.
C’est un immense oui à la vie. Cette investigation directe, sincère et profonde, fondée sur l’observation et le questionnement par soi-même, conduit à la dissolution du questionneur — et se dissout dans le silence.
Tout ce qui est présenté ici est fondé sur l’expérience directe et sur un enseignement influencé par la lignée de Jiddu Krishnamurti, Ramana Maharshi, Nisargadatta Maharaj, Ramesh Balsekar, Ma Amritanandamayi, la philosophie du Christ, le soufisme, Didier Weiss