“Ainsi, passé et futur n’existent qu’en pensée, dans ce présent où vous les imaginez.”
Revenons à ce qu’est la mémoire.
Quand vous pensez au passé — à hier, à la semaine dernière, à il y a des mois — vous évoquez une histoire. Quelque chose qui a eu lieu, mais qui ne vit plus que comme souvenir. Et ce souvenir, où est-il ? Toujours dans le maintenant.
Vous ne pouvez pas remonter dans le temps et y transporter votre corps. Tout se joue ici, dans cet instant, même lorsque vous pensez au passé.
C’est la même chose pour le futur.
Quand vous imaginez ce qui arrivera demain, un voyage, une rencontre, ce n’est pas encore une réalité : c’est une projection. Et cette projection se déroule… maintenant.
Ainsi, passé et futur n’existent qu’en pensée, dans ce présent où vous les imaginez.
Quand vous êtes dans le passé ou le futur, vous êtes dans votre mental.
Puis, parfois, un voile se lève. Vous ouvrez les yeux.
Et là, le réel est là : le jardin, les fleurs, le bourdonnement des insectes, le vent, les cris d’un héron.
Est-il possible d’être à la fois dans le passé, le présent et le futur ? Non.
Mais il est facile — presque addictif — de rester dans les histoires de la mémoire ou dans l’angoisse des projections.
Le « faire » ici est un non-faire : simplement, ouvrez les yeux, et ramenez-vous au maintenant.
Et lorsque vous êtes pleinement présent, il se peut que le « vous » qui observe le jardin et le jardin lui-même ne soient plus séparés. Plus de distance entre le bruissement des feuilles et celui qui entendPlus de distance entre le parfum des fleurs et celui qui le respire.
Plus de centre.
Alors le mental, la mémoire, les projections apparaissent et disparaissent comme la lumière du soleil à travers le feuillage : toujours en mouvement, se posant ici ou là, éclairant fugacement.
Et cette lumière, ce soleil, ce jardin, celui qui voit tout cela… se fondent dans un absolu sans limites.