La voix dans le débarras

La voix dans le débarras
La voix dans le débarras
Création
Durée:

1h

Texte de Marie-Laure Seksaf pour Regard au Pluriel
La voix dans le débarras est un texte né d’un traumatisme, celui de la parole empêchée , du silence imposé. Ce que nous dit le texte de Federman c’est paradoxalement la difficulté  de dire l’innommable.
On rejoint ici une des problématiques chères a Beckett. Mais n’est pas Beckett qui veut… et le texte finit par tourner en rond, verbeux,oubliant sa propre signification. La mise en scène malheureusement n’aide pas le texte à se faire entendre à moins que la volonté soit justement de le faire oublier, de le suggérer. 
On ne  peut que souligner la performance de ces deux acteurs féminin et masculin qui se disent le texte , en français et simultanément en anglais dans un soliloque d’une heure. Le problème c’est que pour le spectateur le texte devient vite inaudible , les deux voix se parasitant l’une l’autre par dessus ou sous d’autres voix, celles de l’extérieur sans doute du placard, à l’image de leurs habits trop grands qui les empêchent eux-aussi de s’exprimer librement. On pense à Winnie et Willie, et on les regrette parce qu’ici pas d’humour qui vient sauver du néant.
Et la parenté avec Beckett se poursuit avec les jeux sonores et visuels qui jouent sur les ombres et lumières phosphorescentes, le travail sur  le corps des acteurs dans des tableaux qui se succèdent et les font se confondre parfois.  
Un travail intéressant mais pas vraiment novateur. On a le sentiment d’être dans le placard , le noir oppressant de la salle , le peu de lumière qui jaillit parfois en de brefs éclairs , l’atmosphère intimiste de la salle. 
Finalement si le texte et la pièce nous touchent si peu c’est peut-être parce qu’ils restent centrés  sur eux-mêmes sans forcement prendre en compte le spectateur condamné à  rester à l’extérieur du placard. 
Marie-Laure Seksaf
Author

sfumato