Catégorie : Bruno Le Bail

Stage peinture Provence

Stage peinture Provence

 

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Tarifs

100 euros par jour

ou 5 séances de 2h30 / 250 euros

(sans matériel)

voici nos stages :

 

stage dessin / stage aquarelle / stage peinture à la cire / stage peinture à l’oeuf – tempera / stage peinture à la colle – détrempe / stage peinture à l’huile – technique Van Eyck / stage peinture à l’huile technique Van Eyck II et IIIstage peinture et collage

 

L’enseignement proposé à l’école d’art Atelier Pictura comporte plusieurs axes principaux. Les programmes ont été pensés et élaborés afin de guider chacun vers des résultats gratifiants, source de motivation. Dans tous les stages vous apprenez à structurer et concrétiser vos idées jusqu’à un résultat final.

Ils s’adressent à tous, aux jeunes, débutants et confirmés, se déroulent à l’année, pendant les vacances où à la carte dans une ambiance toute particulière, un authentique atelier d’artiste à partager.

L’atelier bénéficie d’un très bel emplacement en Provence, à St. Laurent du Verdon, dans les Gorges du Verdon et à Jouques, à 40 min. de Aix en Provence.  Accès et parking y sont aisés et facilitent l’approche du lieu.

Désireux de vous apporter le meilleur enseignement adapté à vos besoins créatifs, nous vous conseillons avec plaisir.

Possibilité d’hébergement pendant que vous suivez un stage dans nos ateliers ou simplement pour passer quelques jours dans notre belle région – nous vous proposons les hébergements suivants ici :

Langues parlées: français, anglais et allemand

École d’art Atelier Pictura, route d’Artignosc, 04500 St. Laurent du Verdon / Provence / France

 

 

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pics atelier : ( c) 2018 christine bauer

Mr and Mrs Andrews de Thomas Gainsborough, Une robe ciel de Bruno Le Bail

 

Une robe-ciel

de Bruno Le Bail

 

Mr and Mrs Andrews, Thomas Gainsborough, Bruno Le Bail

 

Mr and Mrs Andrews, Thomas Gainsborough, Bruno Le Bail. Madame Andrews aussi droite que le tronc, c’est une position de répétition entre deux éléments apparemment distinct. Cependant, le tronc de l’arbre a de légères courbes que n’a visiblement pas madame Andrews. Seule la courbe de son chapeau nous rappelle curieusement celle de la branche qui se trouve un peu plus haut. Répétition rythmique entre le couple humain et le couple d’arbres sur la droite. Ce sont des verticales qui amplifient l’effet de perspective et qui se prolongent jusqu’à l’arrière plan (les deux arbres qui se détachent du bois).

Il y a une volonté chez Gainsboroug de traiter les personnages y compris le chien comme un paysage. On retrouve quasiment les mêmes tons sur le décor et sur les individus. La robe est un véritable ciel tourmenté, de même que le ciel est un motif de tissu (ou presque). Le jeu entre ces deux éléments est troublant, comme si le ciel prenait la place de la robe. Le corps de madame Andrews devient inconsistant et infini. Alors que celui de son mari est un véritable buisson sinon ardent tout du moins tourmenté. Le chien quant à lui semble plus proche d’une redite de la racine de l’arbre. Il semblerait qu’il y ait une certaine poésie, une passion entre ces corps alors que leurs visages nous montrent le contraire. Un certain ennui voire une lassitude, surtout présent chez madame. Son visage semble agacé.

Ce tableau est très énervant! Son aspect champêtre, lissé, calme n’est que pure formalité car en réalité tout contredit cette sensation. Il y a de l’eau dans le gaz, c’est évident! L’orage est imminent et pourtant rien ne viendra perturber cette scène figée dans l’espace et dans le temps. On reste dans cet état d’attente, ad vitam æternam et précisément c’est dans ce hors temps qui n’a ni passé ni futur que la peinture prend tout son sens. Le narratif n’est pas, seule la peinture « existe » pour elle même. Elle se raconte autrement dans un langage incompréhensible et cependant parlant.

Il y a une communication évidente entre les jaunes verdâtres, les orangés et les gris froids bleutés. Ce dialogue est d’une grande éloquence. Les passages entre ces tons sont admirables. Les lumières accompagnent cette conversation avec finesse comme ce vert clair dans l’entre-jambe de monsieur Andrews qui a pour effet de mettre sa cuisse gauche en avant pour la différencier de la droite et de lui donner ainsi une profondeur évidente. L’harmonie entre les tonalités chaudes et froides est proche de la perfection ; aucune dissonance, les tons sont sans bavure, pas une trace visible du moindre coup de pinceau, polis et lumineux comme un bronze de Brancusi. Gainsboroug est le peintre de cette lumière si particulière, celle qui atteint son apogée juste avant de disparaître, dévorée par les ténèbres.

 

Mr and Mrs Andrews, Thomas Gainsborough, Bruno Le Bail

Mr and Mrs Andrews de Thomas Gainsborough (1748-49), huile sur toile , 70 cm x 119 cm, National Gallery, Londres

 

 

 

Exposition

 

Exposition

Bruno Le Bail

du 2 septembre au 2 octobre 2016
Salle des Gardes
Chateau des Templiers
04500 Greoux-les-Bains

Vernissage 2 septembre 2016 à 18h30

Au plaisir de vous voir…

Exposition

Bruno Le Bail est né à Sées en 1963. Formé à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, il est l’un des peintres les plus prolifiques et les plus doués de sa génération. Il poursuit ses recherches picturales sur la ligne continue, le mouvement et l’espace temps depuis plus de 30 ans.

Ce peintre nous entraine, malgré lui, au plus profond de l’art, dans les recoins les plus cachés, plus loin encore que cette chose si indéfinie qu’on peut nommer (ou pas nommer) « una certa sprezzatura ». Devant ses œuvres extrêmes, audacieuses et risquées on passe des instants de pure oublie qui résonnent au plus près de ce que nous sommes. Il a atteint la « fin » artistique de l’art, comme l’écrit Daniel Arasse : « …le mouvement, la force et le souffle de ses figures sont des qualités qui ne se retrouvent que dans la chair et les choses vivantes ».

Ce n’est pas étonnant que les propos de Daniel Arasse sur la peinture de la Renaissance se glissent avec une facilité déconcertante sur cet artiste contemporain, car Bruno le Bail est connu pour inventer des machines, qu’il construit et avec lesquelles il réalise ses œuvres. Ils se sont rencontrés d’ailleurs plusieurs fois et partageaient une fascination commune pour l’œuvre de Leonardo da Vinci.

Il réalise dans la même veine et avec la même intensité que dans sa peinture de très importantes séries de dessins, des gravures, des mobiles et des sculptures. Il enseigne avec enthousiasme et brio les arts plastiques à l’Atelier Pictura et transmet son savoir et sa vision de l’histoire de l’art par des conférences et des écrits.

Bruno Le Bail est le fondateur de l’Association Atelier Pictura, cofondateur des Éditions Atelier Pictura et cofondateur de l’Alimentation Générale.

Il expose de façon régulière en France et à l’étranger. Il participe à des expositions nationales et internationales. Ses œuvres sont représentées dans des collections privées en France, Allemagne, Suisse, Angleterre, Etats-Unis et Japon. Il est représenté en France par la galerie Béa-Ba à Marseille. Il vit actuellement en Provence, à Montpezat.

 

Nouveaux stages peintures et collage

Nouveaux stages

Peintures et Collages

 

Collage et Peinture

Henri Matisse travaillant à des découpages géants / Nice 1952 /  photo : Hélène-Adant

L’école d’art atelier Pictura à le plaisir de vous présenter 3 nouveaux stages.

 

 

 

Stage Collage et Peinture

Stage technique Van Eyck – perfectionnement II

Stage technique Van Eyck – perfectionnement III

Les inscriptions pour l’été sont ouvert !!!

 

 

 

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Art cycladique

Art cycladique

 

trente-troisième tableau

Art cycladique – Le corps sous haute tension

 

de Bruno Le Bail

Art cycladiqueFigurine en marbre, vers 2500 avant J.C, Museum of Cycladic Arts, Athènes

Que ce soit de face, de profil, de dos, tout dans cette sculpture est admirablement tendu (ill.45). La pose bras croisés se tenant sur la pointe des pieds est surprenante, comme du reste le galbe qui ne vient pas des reins mais de la tête. Le visage n’est pas dans le même traitement que le corps: l’artiste n’utilise pas la ligne gravée pour indiquer les yeux ou la bouche comme il le fait avec le pubis ou les bras. Le nez est le seul élément indiquant le visage. Néanmoins l’expression est étonnamment présente justement parce qu’il n’y a ni le regard ni les lèvres. Nous devons chercher dans cette absence une justification, un maquillage d’une possible expression. Un visage du dedans en quelque sorte, une tête nue sans visage. A force de l’observer, j’ai eu une sorte de révélation : et si on positionnait la statuette non pas debout mais couché sur le dos. La posture semblerait moins extravagante, ce serait alors vraisemblablement une représentation mortuaire. L’absence du visage et le croisement des bras auraient tout leurs sens ainsi que la position des seins, très éloignés l’un de l’autre, ce qui peut se comprendre dans une pose horizontale mais en aucun cas verticalement. La raideur s’expliquant physiologiquement. Image symbolique donc! Le fait de nous montrer la statuette debout, de verticaliser la mort n’est pas inintéressante, on peut ainsi visualiser le dos d’une platitude remarquable semblable aux cadavres des morgues et découvrir ce cou qui n’en finit pas de s’étirer pour devenir tête. La transformation ou déformation serait-elle due au prolongement du corps allongé?

La compréhension morphologique non pas dans le vivant mais dans l’absence. C’est très troublant d’autant plus qu’il y a quelque chose de particulièrement présent dans cette statuette: la manière de représenter le sexe féminin en gravant ainsi les lèvres est d’un érotisme minimaliste rarement atteint en art excepté dans certaines gravures de Picasso où le point d’exclamation prend tout son sens (ill. 46). Absence du visage et présence du sexe. C’est nous qui sommes sous haute tension face à ce corps mort et vivant à la fois. Sentiment trouble entre l’effacement et la précision, entre la surface et la ligne, entre la raideur morbide et l’érotisme, entre la verticalité et l’horizontalité, entre l’Être et le non Être.

Art cycladique

Pablo Picasso ,156 gravures: No 41, Untitled,Bukowskis,Helsinki. Finlande

Galerie Béa-Ba - Bruno Le Bail

Galerie Béa-Ba – Bruno Le Bail

 

Galerie Béa-Ba - Bruno Le Bail

Galerie Béa-Ba / Bruno Le Bail

 

 

Galerie Béa-Ba - Bruno Le Bail

Galerie Béa-Ba - Bruno Le Bail

Vernissage
jeudi 19 mars 2015 à partir de 18h
en présence de l’artiste

La peinture de Bruno Le Bail explore avec une grande acuité notre manière d’appréhender l’histoire de la peinture – en revisitant le paysage ou la nature morte – et la mémoire toujours déformée de notre propre regard posé sur le monde.

L’œil rivé sur le sujet, l’artiste s’attache à perdre le support de vue de sorte qu’apparaissent à la surface de la toile des strates de tableaux superposées. A la manière de pop-up sur le web, la peinture de Bruno Le Bail se construit par atomisation, laissant surgir dans un même cadre de multiples fenêtres qui sont autant d’images d’espaces-temps différents.

Cette recherche poursuivie depuis plus de 25 ans trouve dans la ligne continue son fil conducteur. Dans cette œuvre résolument figurative qui interroge la possibilité du motif aujourd’hui, la ligne continue est un procédé de construction avec lequel l’artiste parvient à introduire concrètement le déplacement du corps dans la peinture.

Ce protocole rend instable le sujet représenté en s’adossant aussi aux techniques de la photographie et du cinéma, à des moyens de reproduction du réel fixes et animés.

L’œuvre dans sa décomposition méthodique révèle alors d’infinies variations, autant de mises à nue stupéfiantes de notre mémoire visuelle.

 

Visites
du 19 mars au 9 mai 2015
du mercredi au samedi de 13h à 19h
ou sur rendez-vous

Galerie Béa-Ba – Béatrice Le Tirilly et Barbara Satre
122 rue Sainte – 13007 Marseille (à 10 mn à pied du Métro Vieux Port)
tel : 09 67 25 68 89 / 06 63 95 28 51
Ouvert du mercredi au samedi de 13h à 19h ou sur Rendez-vous

 

Les Demoiselles d'Avignon, Picasso de Brunoe Le Bail

Les Demoiselles d’Avignon, Picasso 1907 – La rupture

Les Demoiselles d’Avignon de Picasso 1907 / La rupture

 

Vingt-deuxième tableau

Les Demoiselles d’Avignon 1907

de Bruno Le Bail

Les Demoiselles d'Avignon, Picasso 1907 - la rupture

Pablo Picasso. Les Demoiselles d’Avignon. 1907. Oil on canvas, 8′ x 7′ 8″ (243.9 x 233.7 cm). Acquired through the Lillie P. Bliss Bequest. © 2003 Estate of Pablo Picasso/Artists Rights Society (ARS), New York

La rupture

Un an après la mort de Paul Cézanne, Pablo Picasso réalise les Demoiselles d’Avignon, ce n’est pas un hasard. Le maître d’Aix a mis un terme à la peinture du XIX ° siècle en imposant le basculement frontal et ouvre les portes de la modernité avec la juxtaposition de ses plans.
La maison de passe à Barcelone El Burdel de Aviñón est le point de départ: une rue, des prostituées, des marins et un magasin de couleur. Sur la toile, le marin a disparu, seules restent les femmes et la couleur. Enfin pas tout à fait – il y a une nature morte au premier plan. On a beaucoup écrit sur cette œuvre et à juste titre, car c’est une toile majeure, charnière. On a évoqué diverses influences: art ibérique, art africain…c’est une évidence mais j’aimerai insister sur une conception particulière de l’espace, celle du plan.
On ne peut pas évoquer celui-ci sans parler de Cézanne que Picasso considérait comme son maître. Il y a d’une part le plan des « Sainte Victoire »: ce sont des espaces qui se heurtent au blanc du support, aux parties non peintes et d’autre part celui plus subtil qui va entraîner le basculement frontal notamment dans ses natures mortes. Lorsque l’on regarde « les Demoiselles d’Avignon » on est frappé par les différents traitements. Les rideaux ne sont pas traités de la même manière que les corps ou que certains visages. Les rideaux sont plus proche de « Pommes et oranges » de Cézanne: il y a une densité du drapé, une lourdeur, un volume particulier que l’on retrouve chez les deux peintres. Dans le tableau de Picasso, la nature morte est quant à elle dans un basculement frontal qui engendre une sortie vers le bas de la toile contrairement aux corps qui sont dans une schématisation centrée, non désaxée.

Les Demoiselles d'Avignon, Picasso 1907 - la rupture
Montagne Ste Victoire (1897-98), huile sur toile, 81 cm x 100,5 cm,

Museum de l’Hermitage, St Petersburg

Les nus ne sont pas si éloignés de certaines « Sainte Victoire », je pense à celle de 1897. Lorsque l’on observe attentivement le traitement des couleurs et de la ligne de la montagne on est plus dans un ressenti de la chair que de la roche. « Les Demoiselles d’Avignon » est une synthèse du plan mis en scène par des corps en suspens, d’une violence effarante. Celle de gauche, l’hybride à tête d’africaine sur un corps de femme blanche est le moyen de pénétration avec lequel on va glisser progressivement vers les deux du centre, qui quant à elles sont dans une attente vers une chaîne de désintégration imminente. Les deux autres à droite ont subi une transmutation, visage et corps confondus, il n’y a plus rien d’humain si ce n’est la couleur rose de la chair. La rupture vient à la fois du plan et des traitements différents du corps. Il ne cessera d’ailleurs d’osciller entre ces multiples perceptions dans ses différentes périodes (bleue, cubiste, ingresque, etc.) jusqu’à sa mort en
1973.
La représentation n’a jamais été autant découpée, transgressée, sublimée. La brutalité avec laquelle
Picasso s’empare du voir est prémonitoire de ce que sera le XX° siècle.


Les Demoiselles d'Avignon, Picasso 1907 - la rupture

Les Demoiselles d'Avignon, Picasso 1907 - la rupture

Les Demoiselles d'Avignon, Picasso 1907 - la rupture

Les Demoiselles d'Avignon, Picasso 1907 - la rupture


Les Demoiselles d'Avignon, Picasso 1907 - la rupture
MOMA NEW YORK / LES DESMOISELLES D’AVIGNON / CONSERVING A MODERN MASTERPIECE

MOMA NEW YORK

Les Demoiselles d'Avignon, Picasso 1907 - la rupture
MUSÉE PICASSO PARIS

Tous droits réservés
© Bruno Le Bail © Regard au Pluriel 2014

Bruno Le Bail Exposition Moustiers Sainte-Marie

Bruno Le Bail – Exposition – Moustiers Sainte-Marie

Bruno Le Bail / Exposition

Moustiers Sainte-Marie

 

La salle de l’Ancien Presbytère

04360 Moustiers Sainte-Marie

 

 

du 18 juin au 11 juillet 2014

Vernissage // samedi 21 juin 2014 à 18 h

 

 

Bruno Le Bail Exposition Moustiers Sainte-Marie

 

 

Extrait du livre Dialogue

entretien entre Bruno Le Bail et René Barzilay

RB : 25 années de pratique de cette ligne vous ont amené à développer une ligne qui se déforme en fonction de votre déplacement ; nous abordons là l’étape actuelle de votre travail. Vous peignez par série, celle en cours, dite des paysages, après les nus et les natures mortes est a minima surprenante. Pourquoi ce paysage, que représente t-il pour vous ?

BLB : Je connais très bien ce paysage car je le vois tous les jours habitant dans les basses gorges du Verdon depuis presque 20 ans. Je vis avec lui et j’ai appris à connaître ses facettes multiples, non seulement avec les saisons, mais aussi entre l’aube et le crépuscule et cela chaque jour de l’année. Je longe ces berges toute la semaine pour me rendre dans mon atelier, il fait partie de ma vie, c’est un rapport à la fois mystérieux et très intime. J’avais, depuis longtemps, envie de peindre une série d’après ce paysage. C’était très risqué d’aborder un tel sujet, il fallait que je m’affranchisse de tout un pan de la peinture romantique, impressionniste et même cubiste. Comment peut-on peindre encore un paysage aujourd’hui et comment restituer cet espace/temps qui pour moi est fondamental ? Il y a un changement incessant de la lumière qui modifie la forme quand on est face au motif. Nous avons ici le même paysage décliné sur trois toiles de même format, peintes très classiquement qui montrent trois moments de la journée « matin, midi, soir ». Simultanément, de la même focale, ont été prises 46 photos toutes les 15 minutes, précieuses indications sur la lumière incroyablement changeante. Une machine que j’ai conçue me permet de me déplacer en carré devant chaque tableau (devenu support ou décor), en suivant la ligne continue propre à chacun de ces supports. Chaque arrêt génère un carré, sorte de fenêtre ouverte sur le paysage qui donne à voir un lieu (espace) à un moment donné (temps). Quand je suis loin cette fenêtre est petite et l’image précise, à l’inverse de loin la fenêtre est grande et correspond à une vision de flou. Curieusement les fenêtres, peintures en soi, apportent une vision différente du décor de base, il arrive aussi que les fenêtres se superposent et donc disparaissent partiellement, voire complètement. Cela m’est égal même si ce qui est recouvert me paraît picturalement intéressant. C’est la loi de la ligne continue, jamais de repentir, de plus ce qui disparaît est toujours là, invisible, et aussi présent.

 

extrait

« Dialogue » aux éditions atelier pictura

ISBN :  978-2-9533796-1-79782953379617


Exposition Bruno Le Bail Moustiers Sainte-Marie

Renseignements // Office de Tourisme Moustiers

ici

 

Le Tintoret

Le Tintoret

Le Tintoret

 

Cycle de conférence organisé par l’Atelier Pictura sous la direction de Bruno Le Bail

Le Tintoret – Saint Georges et le Dragon

 

Le Tintoret – Saint Georges et le Dragon. L’Atelier Pictura vous présente une conférence de Bruno Le Bail, enregistrée à St. Laurent du Verdon, le 29 janvier 2012.

Le Tintoret

SUZANNE ET LES VIEILLARDS DE TINTORET – L’ESPACE ET LE TEMPS

Premier tableau

Suzanne et les vieillards de Tintoret (1555-1556)

de Bruno Le Bail

© Kunsthistorisches Museum, Vienne

© Kunsthistorisches Museum, Vienne

 

L’espace et le temps

 

Il y a un espace particulier, comme pour la lettre à Béthsabée de Rembrandt, autour duquel l’ensemble de la composition va s’articuler. Il se trouve sous l’avant bras gauche de Suzanne, une redite de la ligne en rose claire prise en étau entre le drapé blanc. L’espace sombre en dessous, soutient comme le ferait une colonne, cette amorce de drapé rose.

Le hors champ est encore plus étonnant, plus abstrait car moins narratif que chez Rembrandt. Il y a une sensualité presque électrique entre les mains et le drapé blanc. Le rythme tentaculaire des doigts joue admirablement avec les rehauts des plis. L’abandon de la main gauche sur le pied droit fait retomber la tension devenue insupportable. Le pied nous dirige tout naturellement vers un renvoi, le renvoi de son image par le miroir. Elle voit à travers celui-ci sa beauté, sa jeunesse mais que voit-on derrière le miroir ?

Lire la suite ici

 

L'orchestre de Nicolas de Staël

L’Orchestre de Nicolas De Staël

L’Orchestre de Nicolas De Staël 

 

Vingt cinquième tableau

Psychotrope du contour

de Bruno Le Bail

L'orchestre de Nicolas de Staël

L’orchestre, huile sur toile, 350 cm x 200 cm, Centre Georges Pompidou, Paris

C’est une composition vaste dans laquelle on retrouve plusieurs mouvements joints ou disjoints. « l’Orchestre » est symphonique par son assemblage des masses grises. Il y a une recherche qui s’inspire dans un premier temps du narratif et dans un second temps qui s’en éloigne. Le fait de vouloir retrouver tel élément figuratif me paraît dénué de sens, cela consisterait à penser à l’envers. Que De Staël soit parti de ça où d’autre chose ne concerne que lui. Ce serait dangereusement réducteur (photo « explicative » ) de vouloir retrouver une figuration là où le peintre a volontairement brouillé les pistes pour mieux s’en affranchir.

L'orchestre de Nicolas de Staêl

Photo « explicative », Gits Delphine

La symphonie est ailleurs, il faut la chercher dans les joints, entre les espaces (photo détail) il y a une circulation, une vibration, un reste de forme, de couleur, un disparaître, un réapparaître qui fonctionnent merveilleusement bien et qui lient les rapports évidents, ce qui est visible aux rapports disparus, invisibles ou peu visibles. De Staël n’est pas un peintre ludique, il faut arrêter d’ essayer de retrouver la figure au risque de passer devant ce qui est fondamental, c’est-à-dire l’orchestration symphonique de la forme. La composition rythmique des aplats ne serait pas aussi pertinente sans les contours qui soudent l’espace. C’est une matière grise en majorité qui s’articule, se déploie pour transformer le voir, le paraître vers une perception ultrasensible entre le son et sa matérialisation possible. Il faut comprendre cette déviation de la figure vers la note, non pas comme une abstraction mais au contraire comme une figuration renouvelée, différente, substantielle, primitive. La matrice se nourrit du visible pour mieux s’en défaire tel est le processus de cette œuvre. « La peinture dit Merleau-Ponty n’est jamais tout à fait hors du temps, parce qu’elle est toujours dans le charnel. » Il y a une sensualité dans cette matière, elle est omniprésente dans l’œuvre de De Staël, elle prend racine dans l’hésitation, dans le chevauchement entre deux formes. Le débordement qui recouvre le joint parfois est adjacent à une autre forme. Ce recouvrement partiel donne une vie toute particulière à la lecture psychotrope du contour ; la ligne ainsi obtenue sous-jacente se libère de la forme pour devenir indépendante. Dans la fabrication on est aux antipodes de Matisse, la ligne noire sur les carreaux de faïence dans la chapelle de Vence, mais dans le concept les deux artistes se rejoignent. D’une part par la tentative d’effacement de la forme géométrique primaire et d’autre part par l’autonomie de la ligne. La ligne qui se sensibilise par la projection chromatique des vitraux sur la surface chez Matisse et par le surgissement des couches profondes chez De Staël.

L'orchestre de Nicolas de Staël, détailL’orchestre, détail

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Stage de peinture

Stage de peinture

 

Stage de peintureGeorge Baselitz

Stage de peinture

 

Stages proposés 

 

L’enseignement proposé à l’école d’art Atelier Pictura comporte plusieurs  axes principaux. Les programmes ont été pensés et élaborés afin de guider chacun vers des résultats gratifiants, source de motivation. Dans tous les stages vous apprenez à structurer et concrétiser vos idées jusqu’à un résultat final.

Ils s’adressent à tous,  aux jeunes, débutants et confirmés, se déroulent à l’année, pendant les vacances où à la carte dans une ambiance toute particulière, un authentique atelier d’artiste à partager.

L’atelier bénéficie d’un très bel emplacement  en Provence, à St. Laurent du Verdon, dans les Gorges du Verdon  et à Jouques, à 40 min. de Aix en Provence. Accès et parking y sont aisés et facilitent l’approche du lieu.

Désireux de vous apporter le meilleur enseignement adapté à vos besoins créatifs, nous vous conseillons avec plaisir.

 

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May Picture de Paul Klee - La genèse du visible

May Picture de Paul Klee « La genèse du visible »

May Picture de Paul Klee "La genèse du visible"

May Picture de Paul Klee (1925)  huile sur carton,  42,2 cm x 49,5 cm, The Metropolitan Museum of Art, New York.

 

May Picture de Paul Klee « La genèse du visible »

par Bruno Le Bail

 

May Picture de Paul Klee « La genèse du visible »   – C’est une œuvre chromatique complexe – chaque carré a à la fois sa fonction propre et sa fonction collective. Un carré peut annihiler un ensemble simplement par sa dichotomie chromatique.  Mais si on regarde la totalité, il est parfaitement intégré car ce rapport est repris ailleurs et donne cet équilibre remarquable à la composition.

Klee nous propose une répétition et une distorsion d’une forme géométrique simple. C’est naturellement une fausse répétition, aucun carré n’est semblable ni dans sa forme ni dans sa tonalité. Il y a un effet optique d’ensemble qui donne au tableau cette sensation de concave /convexe. Ce n’est pas nouveau en soi, on la retrouve dans la peinture en général et en particulier chez Tintoret, notamment dans le tableau intitulé  » Suzanne et les vieillards ou le corps de la femme est dans cette situation de « relief » descriptif. Nous avons la même préoccupation de  profondeur optique chez les deux peintres, sauf que chez Klee il y a une absence de narration, ou plutôt une narration moins palpable. C’est une préhension de l’espace proche d’une lecture cartographique avec ses propres courbes de niveau. Ici pas question d’indiquer des villes, des routes, des montagnes, des rivières ou des lacs. Mais Klee utilise ce principe pour que l’œil puisse percevoir le relief en dehors du trompe l’œil de la perspective. La couleur agit d’une manière indépendante et provoque des sensations arythmiques visuelles, elle vient ici de l’obscurité. Le fond noir joue un rôle déterminant dans l’influence des tons mais aussi dans les contours des formes. D’ailleurs, une ponctuation noire est plus ou moins présente autour des carrés. Les couleurs chaudes et froides ainsi que les tons rompus se répondent comme les notes sur un clavier du piano. Il y a le côté mécanique, la structure là ou se fabrique le son et de celle-ci sort la musique d’une grande complexité, non palpable, évanescente, qui touche nos sens.

C’est ce qui se passe avec cette peinture. Il y a cette relation évidente et équivoque avec la musique. La couleur n’est pas le son et vis versa on ne s’adresse pas au même sens.  Mais on peut y voir cependant un rapprochement dans la structure de base, dans son mécanisme. C’est ce qui permet de transcender la matière. Cette genèse, qu’elle soit couleur ou son est visible, perceptible grâce au contenu. Ne cherchons pas l’image, la représentation, la pixellisation dans la superficialité du percept mais allons vers les strates les plus enfouies – celles de l’immanence du voir.

May Picture de Paul Klee - La genèse du visible

Dialogue – Bruno Le Bail René Barzilay

 

EDITIONS ATELIER PICTURA

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Dialogue

Bruno Le Bail  René Barzilay


Dialogue - Bruno Le Bail René Barzilay

Les éditions Atelier Pictura ont publié grâce à René Barzilay, un opuscule intitulé « Dialogue » – entretien entre Bruno Le Bail et René Barzilay.  Si vous êtes intéressé par cet ouvrage, veuillez nous contacter.

Dialogue

extrait

 

René Barzilay : Arriver à Saint Laurent du Verdon, dans une galerie éphémère, rencontrer un artiste et son œuvre est chose rare. En 2008 lors d’un vernissage étaient exposés une quarantaine de dessins au crayon ou à la plume, tous réalisés selon la technique de la ligne continue. En quoi cela consiste-t-il, pourquoi cette constante sinon cette obsession dans votre travail, tant graphique que peint ?

Bruno Le Bail : Cela fait plus de 25 ans que je travaille avec cette ligne continue. Je me souviens avoir commencé avec des autoportraits quand j’étais aux Beaux-Arts. J’ai trouvé là une méthode qui correspond à mon côté obsessionnel de recherche sur le mouvement. Le fait de dessiner en ligne continue engendre un point de départ et d’arrivée. L’impératif c’est de ne plus regarder mon support, mais d’avoir l’œil rivé sur le sujet. Là, aucune correction possible, aucun repentir, puisque je ne vois pas ce que je fais. Je suis dans une observation très particulière il s’en libère une sorte de fluidité qui permet au regard de se déplacer simultanément sur la forme et sur le fond. La ligne continue pour moi est le cheminement de mon regard. C’est le déplacement de mon œil libre de toute contrainte sur le motif, c’est la base ; ensuite cela se complique un peu, puisque je dois analyser ce déplacement pour pouvoir en faire un parcours « jouable ». Je dois éviter de multiples pièges pour ne pas me faire enfermer dans ce labyrinthe linéaire. 

« Dialogue » aux éditions atelier pictura

ISBN :  978-2-9533796-1-79782953379617

Exposition "Le Maître et ses élèves Atelier Pictura

Exposition Atelier Pictura « Le maître et ses élèves »

Exposition Atelier Pictura

« Le maître et ses élèves »

autour de la technique Van Eyck

 

Exposition Atelier Pictura - Le maître et ses élèves

Regard au Pluriel vous invite à l’exposition

 

« Le maître et ses élèves autour de la technique Van Eyck »

du 19 au 30 novembre 2013

 Bruno Le Bail et les élèves de l’école d’art Atelier Pictura

présentent leurs oeuvres

 

Vernissage/Conférence

Samedi 23 novembre à 18 h

 

Exposition organisée par l’association Atelier Agora et l’association Atelier Pictura École d’Art

 

 

Conférence sur le peintre Jan Van Eyck  à 18h

Van Eyck a révolutionné la peinture en associant à la tempera (peinture a l’œuf) les glacis (tons transparents). Son influence, sur ses contemporains a été considérable pour se perdre progressivement jusqu’à disparaitre au XXe siècle.
Ses œuvres ont traversé le temps dans un état de conservation exceptionnel. Les récents apports technologiques nous ont permis de redécouvrir cette méthode, ouvrant de nouvelles perspectives  dans l’art contemporain

La technique Van Eyck du XV siècle (peinture à l’huile), est une technique mixte  où on utilise à la fois le médium pour les glacis et l’émulsion pour les tons couvrants. Les sfumatos sont présents très rapidement dans l’imprimature, chaque couche est stabilisée par le passage du médium. C’est une technique d’une grande finesse, on peut ainsi superposer une trentaine de glacis sans dépasser les 40 microns d’épaisseur. Sa stabilité dans le temps est remarquable et le rendu des couleurs incomparable. C’est grâce à Nicolas Wacker professeur aux beaux arts de Paris  dans les années soixante et à l’étude chimique de fragments de la couche picturale des maîtres anciens que l’on a pu reconstituer cette technique qui était perdue. Elle est adaptable à toute forme d’expression plastique à partir du moment ou on respecte les bases chimiques du processus.

suivi du VERNISSAGE à 19h

 

ouvert du mardi au samedi de 10 h – 12 h et de 15 h – 19 h, 2 Place Thiers – 13430 Eyguières, tél 04 90 57 81 46 – 06 80 94 60 62

Exposition Atelier Pictura - Le maître et ses élèves

 

Exposition Bruno Le Bail

Exposition Bruno Le Bail

Exposition Bruno Le Bail

 

Regard au Pluriel a le plaisir de vous inviter à l’exposition de

Bruno Le Bail organisée par l’association Groupe Equinoxe

 

DU 31 OCTOBRE AU

24 NOVEMBRE 2013

TOUS LES JOURS DE 15H30 – 18H30 SAUF LUNDI ET MARDI

Salle des Gardes du Château des Templiers

04500 Greoux-Les-Bains

Impressions du Vernissage de cette sublime exposition

 

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Bruno Le Bail Exposition Greoux Les BainsIMG_7266IMG_7268IMG_7276IMG_7290IMG_7291IMG_7247IMG_7252IMG_7255IMG_7261IMG_7262IMG_7263IMG_7241IMG_7239Exposition Bruno Le Bail Greoux Les BainsExposition Bruno Le Bail Greoux Les BainsIMG_7206IMG_7207IMG_7210IMG_7211IMG_7302IMG_7308IMG_7309IMG_7310IMG_7312IMG_7314IMG_7315IMG_7316IMG_7317IMG_7318

© Christine Bauer

Tous droits réservés

Bruno Le Bail est né à Sées en 1963. Formé à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, il est l’un des peintres les plus prolifiques et les plus doués de sa génération. Il poursuit ses recherches picturales sur la ligne continue, le mouvement et l’espace temps depuis plus de 30 ans.

Ce peintre nous entraine, malgré lui, au plus profond de l’art, dans les recoins les plus cachés, plus loin encore que cette chose si indéfinie qu’on peut nommer (ou pas nommer) « una certa sprezzatura ». Devant ses œuvres extrêmes, audacieuses et risquées on passe des instants de pure oublie qui résonnent au plus près de ce que nous sommes. Il a atteint la « fin » artistique de l’art, comme l’écrit  Daniel Arasse : « …le mouvement, la force et le souffle de ses figures sont des qualités qui ne se retrouvent que dans la chair et les choses vivantes ».

Ce n’est pas étonnant que les propos de Daniel Arasse sur la peinture de la Renaissance se glissent avec une facilité déconcertante sur cet artiste contemporain, car Bruno le Bail est connu pour inventer des machines, qu’il construit et avec lesquelles il réalise ses œuvres. Ils se sont rencontrés d’ailleurs plusieurs fois et partageaient une fascination commune pour l’œuvre de Leonardo da Vinci.

Il réalise dans la même veine et avec la même intensité que dans sa peinture de très importantes séries de dessins, des gravures, des mobiles et des sculptures. Il enseigne avec enthousiasme et brio les arts plastiques à l’Atelier Pictura et  transmet son savoir et sa vision de l’histoire de l’art par des conférences et des écrits.

Bruno Le Bail est le fondateur de l’Association Atelier Pictura, cofondateur des Éditions Atelier Pictura et cofondateur de l’Alimentation Générale.

Il expose de façon régulière en France et à l’étranger. Il participe à des expositions nationales et internationales. Ses œuvres sont représentées dans des collections privées en France, Allemagne, Suisse, Angleterre, Etats-Unis et Japon. Il vit actuellement en Provence, à Montpezat.

Paul Cézanne, peintre subversif?

Paul Cézanne, peintre subversif ?

Paul Cézanne, peintre subversif ?

par Bruno Le Bail

Paul Cézanne, peintre subversif?

Paul Cézanne (1839-1906) In the Woods, ca. 1900 Private Collection

Ce qui m’a le plus interpellé chez Cézanne, en dehors du basculement frontal qui a été déterminant chez Picasso, Matisse et la plupart des peintres modernes, c‘est avant tout cette notion d’espace-temps. Lorsqu‘il travaille plusieurs années sur une même toile, son regard n‘est plus le même et cela change tout. Non seulement le sujet change mais, il y a transformation, remplacement, recouvrement. Le déplacement de son oeil est pris en compte et transforme le tableau. Les cubistes ont utilisé cet espace en tournant autour du sujet et en représentant l‘objet sous plusieurs angles. Le peintre prend enfin en considération son propre mouvement et l‘intègre sur le support. Cézanne précurseur, certes, mais pas uniquement du cubisme puisqu’il va ajouter le temps, cette quatrième dimension dans son oeuvre. C‘est à travers mes recherches sur la ligne continue (en tant que plasticien) que j‘ai compris l‘importance de Cézanne et c‘est cette vision que je vais partager avec vous.

L’Histoire, par définition est liée au temps. L’art, par essence est hors du temps.

Nous allons nous promener dans ce rapport antinomique, dans ce hors-champ. Il y a un siècle disparaissait un immense peintre laissant derrière lui une oeuvre qui va bouleverser notre vision de la peinture. Rarement un peintre n’a été aussi méprisé, aussi peu compris par ses contemporains. Aujourd’hui aucune fondation, aucun musée digne de ce nom n’a vu le jour. Il me paraît tout à fait approprié de faire une mise au point, une synthèse sur l’influence qu’il a eu dans l’art.

1906 : mort de Cézanne.

1906 : naissance de l’art moderne.

Ce démiurge, ce fondateur dérange et continue malgré les célébrations de déranger. Alors pourquoi ce peintre isolé, refusant tout bavardage sur l’art est toujours aussi présent aujourd’hui ?

Cézanne, peintre subversif ? par Bruno Le Bail

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May Picture de Paul Klee - La genèse du visible

May Picture Paul Klee (1925) – La genèse du visible de Bruno Le Bail

May Picture de Paul Klee (1925) huile sur carton, 42,2 cm x 49,5 cm, The Metropolitan Museum of Art, New York.

May Picture de Paul Klee (1925)

 huile sur carton,

 42,2 cm x 49,5 cm, The Metropolitan Museum of Art, New York.

 

C’est une œuvre chromatique complexe – chaque carré a à la fois sa fonction propre et sa fonction collective. Un carré peut annihiler un ensemble simplement par sa dichotomie chromatique.  Mais si on regarde la totalité, il est parfaitement intégré car ce rapport est repris ailleurs et donne cet équilibre remarquable à la composition.

Klee nous propose une répétition et une distorsion d’une forme géométrique simple. C’est naturellement une fausse répétition, aucun carré n’est semblable ni dans sa forme ni dans sa tonalité. Il y a un effet optique d’ensemble qui donne au tableau cette sensation de concave /convexe. Ce n’est pas nouveau en soi, on la retrouve dans la peinture en général et en particulier chez Tintoret, notamment dans le tableau intitulé  » Suzanne et les vieillards ou le corps de la femme est dans cette situation de « relief » descriptif. Nous avons la même préoccupation de  profondeur optique chez les deux peintres, sauf que chez Klee il y a une absence de narration, ou plutôt une narration moins palpable. C’est une préhension de l’espace proche d’une lecture cartographique avec ses propres courbes de niveau. Ici pas question d’indiquer des villes, des routes, des montagnes, des rivières ou des lacs. Mais Klee utilise ce principe pour que l’œil puisse percevoir le relief en dehors du trompe l’œil de la perspective. La couleur agit d’une manière indépendante et provoque des sensations arythmiques visuelles, elle vient ici de l’obscurité. Le fond noir joue un rôle déterminant dans l’influence des tons mais aussi dans les contours des formes. D’ailleurs, une ponctuation noire est plus ou moins présente autour des carrés. Les couleurs chaudes et froides ainsi que les tons rompus se répondent comme les notes sur un clavier du piano. Il y a le côté mécanique, la structure là ou se fabrique le son et de celle-ci sort la musique d’une grande complexité, non palpable, évanescente, qui touche nos sens.

C’est ce qui se passe avec cette peinture. Il y a cette relation évidente et équivoque avec la musique. La couleur n’est pas le son et vis versa on ne s’adresse pas au même sens.  Mais on peut y voir cependant un rapprochement dans la structure de base, dans son mécanisme. C’est ce qui permet de transcender la matière. Cette genèse, qu’elle soit couleur ou son est visible, perceptible grâce au contenu. Ne cherchons pas l’image, la représentation, la pixellisation dans la superficialité du percept mais allons vers les strates les plus enfouies – celles de l’immanence du voir.