Alexandre Hollan

Chêne Taille - 95 x 140 cm Technique - gouache sur papier marouflé sur toile Date - 2007 Crédits photo Illés Sarkantyu

Chêne  Taille – 95 x 140 cm Technique – gouache sur papier marouflé sur toile Date – 2007

Crédits photo Illés Sarkantyu

Regarder et sentir sont en moi comme deux certitudes qui ne se comprennent pas. Chacune prend à témoin mes yeux et le moment présent. Je le sais maintenant, j’aime les questions qu’elles me posent, et j’aime le dynamisme de leur désaccord. Il me faut travailler sur le motif pour qu’elles se connaissent mieux.

Rester devant le motif. L’arbre, par exemple. Je vois bien sûr l’arbre, mais il ne m’intéresse pas… Je pourrais peut-être partir pour faire quelque chose d’autre ? Mais non, je reste. Je le sais : tôt ou tard apparaîtra un autre en moi, qui observe différemment, qui voit autrement.

Je me rends compte qu’il ne faut pas trop regarder pour voir. Regarder sans regarder ? Oui, car il y a dans ce premier regard quelque chose en trop : un commentaire automatique, des mots qui viennent m’expliquer ce que je vois. Qu’ils soient en trop, je le sais, mais ils sont là, inévitablement. Rester là, au milieu de ces mots, accepter ce bruit et regarder plus loin. Je commence à découvrir le « plus loin que les mots », et le mouvement qui s’amorce : ici et là…

Je suis et je regarde… Je suis ce que je regarde. L’image rétinienne existe, les mots et les commentaires existent : je vois qu’ils ne sont pas les mêmes. Une activité se met en route, une transformation commence. Les mots sont vite dépassés, perdent leur importance, s’adaptent même. Les impressions visuelles qui sont des traces sur la rétine changent, s’approfondissent, deviennent  des sensations.

Rester devant et entrer « dedans ». Rester dans ce mouvement qui s’installe, qui se maintient et devient l’activité de voir. Regarder l’arbre, sentir l’arbre. Le regard et la sensation n’ont pas la même vitesse, pas le même tempo. Quand l’un se calme, l’autre s’allège, s’affine. Leur relation est une force vivante qui se développe entre l’extérieur (le motif) et l’intérieur (l’expérience). Entre les deux il y a une distance, un espace, un temps de relâchement. Cette espace apparaît dans la respiration qui peut participer tout naturellement au voyage.

 

Alexandre Hollan

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Alexandre Hollan est né à Budapest en 1933. Il vit en France depuis 1956 et a suivi à Paris l’enseignement des écoles des Beaux-arts et des arts décoratifs. Il partage son temps entre les garrigues du Languedoc et ses ateliers de Paris et Ivry. 
Il interroge le mystère du regard et de la couleur à travers deux grands thèmes: les arbres et les “vies silencieuses”. Dans cette recherche, ses notes sur la peinture accompagnent son travail sur le motif (Je suis ce que je vois, tomes 1 et 2, éditions Le Temps qu’il fait). 
Yves Bonnefoy lui a consacré plusieurs textes, L’arbre au-delà des images, éditions William Blake & Cie et une monographie, La journée d’Alexandre Hollan, éditions Le temps qu’il fait. 
Le dialogue du peintre avec des poètes tels Jacques Ancet, Philippe Jaccottet, Claude Louis-Combet, Luis Mizon, Salah Stétié, Pierre-Alain Tâche, Jong N.Woo, Louise Warren,… a donné lieu à plus de quarante publications de livres d’art et livres d’artistes.



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Chêne  Taille – 50×65 cm Technique – fusain Date – 2010

Crédits photo Illés Sarkanty

Chêne Taille - 45X63 cm Technique - fusain Crédits photo Illés Sarkantyu

Chêne  Taille – 45X63 cm Technique – fusain

Crédits photo Illés Sarkantyu

Chêne Taille - 50x65 cm Technique - fusain Date - 2008

Chêne  Taille – 50×65 cm Technique – fusain Date – 2008

Chêne vert I Taille - 50 x65cm Technique - fusain Date - 2008

Chêne vert I  Taille – 50 x65cm Technique – fusain Date – 2008

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sfumato

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